Je guéris donc je suis d’après Laurent Camiade

De la santé à la guérison : qu’est-ce que guérir ?

Dans l’expérience humaine, la santé est une réalité floue et fugitive dont nous n’avons pas tous la même définition. Par contre, nous avons probablement tous fait l’EXPERIENCE de la guérison. Si la santé nous échappe, nous savons ce qu’est la guérison par expérience.

Guérir, ce n’est pas simplement la conséquence d’enchaînements extérieurs. C’est d’abord l’occasion d’un acte de confiance, d’une volonté d’être en dépit de tout. C’est se sentir capable encore et encore d’aimer, de faire surgir un souffle créateur du creux des plus terribles blessures qui affectent  l’humanité. On peut renverser la proposition  » je guéris donc je suis » en  » je suis donc je guéris.  »

La guérison n’est pas un retour à un état antérieur de santé supposé idéal

Le corps conserve la mémoire de son expérience douloureuse, par conséquent la guérison n’est jamais un retour en arrière mais toujours une évolution, une transformation, une mutation de la personne. La guérison est un changement où l’on gagne en qualité d’existence. Elle suppose le temps, la nouveauté et un certain progrès.

Le rétablissement de la santé est d’autant plus illusoire que nos épreuves nous façonnent. La guérison c’est la capacité, avec tout son être, corps, âme et esprit, de se donner de nouvelles normes de vie.

Pour résumer

La guérison n’est pas un retour en arrière. Elle s’inscrit dans le temps. Elle apporte une nouveauté qui se communique. Elle touche à l’intime du mystère de la personne. On peut définir la guérison d’une personne comme la délivrance des contraintes imposées par un mal physique ou une maladie psychologique, qui permet un renouvellement et une amélioration de ses conditions d’existence et de ses relations.

L’intérêt du concept de guérison et de ne pas se réduire au domaine de la santé. Il touche tout l’être humain. La guérison ne se possède pas, c’est une expérience. Cette expérience est tout le contraire de la satisfaction d’un désir. Elle comporte aussi une part indispensable de renoncement et de deuil.

Accepter le réel

Pour guérir, il faut accepter la possibilité  de continuer à souffrir, accepter que la vie soit aussi faite d’épreuves et de sensations douloureuses. Cette acceptation est une condition pour accueillir la nouveauté que représente dans la vie d’une personne humaine le fait d’avoir été malade et de ne plus l’être.

La guérison n’est donc pas d’abord la satisfaction d’un désir de santé, mais sa purification à travers l’expérience d’un deuil : il convient de faire le deuil de l’insouciance qui précédait la maladie, d’accepter la dure règle de la gravité de la vie, de la dramatique de l’existence humaine.

 

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